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Biofongicides en vigne : comment les intégrer dans un programme de traitement ?

Les biofongicides ne remplacent pas systématiquement les fongicides conventionnels, mais ils s’intègrent très bien dans des programmes mixtes, à condition de bien les positionner. Trois stratégies sont possibles : en solo, en alternance ou en mélange.

Biofongicides en vigne : pourquoi les intégrer à votre programme de traitement ?

Les biofongicides permettent de réduire l’IFT, de limiter les résistances et de répondre aux démarches bas carbone et bio, tout en maintenant un bon niveau de protection contre mildiou et oïdium.

Leur mode d’action est essentiellement préventif et de contact : ils doivent être appliqués avant la pluie et sur un feuillage sain.

 

Biofongicides seuls en vigne : dans quels cas est-ce possible ?

Utiliser des biofongicides seuls est envisageable en début de saison, avant les premières contaminations, et sur des parcelles à faible risque.
En pratique, cela fonctionne surtout contre l’oïdium (soufre, bicarbonates, huiles essentielles) et, dans une moindre mesure, contre le mildiou (SDP, COS-OGA, phosphonates). En pression modérée à forte, et surtout autour de la floraison, le biocontrôle seul est insuffisant pour protéger grappes et feuillage.

 

Alternance biofongicides / fongicides : la stratégie la plus courante en viticulture

La majorité des viticulteurs intègrent les biofongicides en rotation avec des fongicides classiques pour concilier efficacité et réduction d’intrants.

  • Début de végétation : un ou deux passages en biocontrôle (SDP, COS-OGA, phosphonates + cuivre/soufre) pour préparer les défenses de la plante et limiter la pression initiale.
  • Période sensible (floraison – fermeture de grappe) : bascule sur des programmes conventionnels robustes, avec alternance des familles chimiques pour gérer les résistances.
  • Fin de saison : retour possible à des solutions de biocontrôle si la pression retombe et que le cahier des charges le permet. L’avantage d’un biofongicide en fin de saison,  est de limiter les résidus sur/dans le raisin récolté (de plus en plus demandé par les cahiers des charges).

Cette approche permet de réduire l’IFT, de limiter les résistances et de maintenir un bon niveau de protection sur les organes sensibles.

 

Mélanger biofongicides et fongicides : quand et comment le faire en toute sécurité ?

Associer biofongicides et fongicides dans la même cuve est de plus en plus pratiqué, notamment en début de programme.

Exemples de mélanges courants en vigne :

  • Soufre + bicarbonate ou huile d’orange contre l’oïdium.
  • Phosphonate + COS-OGA + faible dose de cuivre contre le mildiou.
  • Biofongicide + fongicide conventionnel à dose réduite pour “sécuriser” le traitement.

Ces mélanges doivent respecter la compatibilité des produits et les recommandations d’homologation. Ils sont particulièrement intéressants en pré-floraison, mais il est déconseillé de compter uniquement sur du biocontrôle en pleine floraison.


Règles d’or pour réussir l’intégration des biofongicides dans votre programme vigne

Pour maximiser l’efficacité des biofongicides en viticulture, quelques bonnes pratiques sont indispensables :

  • Traiter en préventif, avant les pluies et les contaminations.
  • Renouveler après lessivage (pluie > 20 mm) et lors de la pousse active (tous les 8–12 jours).
  • Réserver le biocontrôle aux périodes à risque modéré et utiliser des solutions conventionnelles haut de gamme sur les stades critiques (floraison, grappes visibles).
  • Alterner les modes d’action pour limiter les résistances et préserver l’efficacité des produits sur la durée.

En suivant ces principes, les biofongicides deviennent de véritables leviers de performance, permettant de concilier protection efficace du vignoble, réduction des intrants et conformité aux démarches bas carbone et bio.